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Impact des travaux sur le loyer : droits et obligations

Réaliser des travaux dans un logement loué n'est jamais sans conséquence sur le montant du bail. Selon leur nature, ils peuvent justifier une hausse ou, au contraire, ouvrir à l'occupant le droit à une réduction temporaire. La loi du 6 juillet 1989 encadre strictement ces deux situations : les travaux d'amélioration permettent, sous conditions précises, de réviser la redevance en cours d'occupation ou à la remise en location, tandis que les chantiers perturbateurs d'une certaine durée peuvent donner lieu à une franchise. Cet article détaille les règles applicables, les seuils à respecter et les procédures à suivre.

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Appartement en cours de rénovation avec parquet neuf et murs en pierre

En résumé

  • Travaux d'amélioration : seuls ces travaux permettent une hausse de loyer, plafonnée à 15 % du coût TTC par an.

  • Accord du locataire : l'avenant signé est indispensable ; sans lui, aucune hausse n'est applicable en cours de bail.

  • Zone tendue : la hausse reste encadrée par le loyer de référence majoré, même avec avenant.

  • Gel DPE F/G : depuis le 24 août 2022, les logements F et G ne peuvent plus faire l'objet d'une hausse de loyer.

  • Travaux perturbateurs : si le chantier dépasse 21 jours, le locataire a droit à une indemnité proportionnelle.

Travaux d'amélioration : quand la hausse de loyer est possible

Tous les travaux effectués dans un logement loué ne donnent pas au propriétaire le droit de revoir à la hausse la redevance mensuelle. La loi distingue les interventions d'entretien courant (à la charge du bailleur, sans incidence sur le bail), les travaux de mise en conformité obligatoires, et les travaux d'amélioration qui seuls peuvent justifier une révision à la hausse.

Une intervention est qualifiée d'amélioration lorsqu'elle apporte une valeur ajoutée réelle : nouvelle cuisine équipée, isolation thermique, double vitrage ou remplacement d'un système de chauffage vétuste. La peinture ou le changement d'un robinet relève de l'entretien et ne peut servir de fondement à une hausse. Le critère est la nature des travaux, non leur coût.

Pictogramme Ampoule

Le saviez-vous ?

La hausse annuelle du loyer liée à des travaux d'amélioration est plafonnée à 15 % du coût total TTC des travaux, lesquels doivent représenter au minimum la moitié du loyer annuel. (Source : ANIL, Réévaluation du loyer)

Types de travaux et impact sur le loyer

Seuls les travaux d'amélioration permettent une hausse de loyer sous conditions légales.

Type de travaux

Exemples

Impact sur le loyer

Travaux d'amélioration

Isolation thermique, double vitrage, nouvelle cuisine équipée

Hausse possible (max. 15 % du coût TTC par an)

Rénovation énergétique (DPE F ou G)

Isolation des murs, remplacement chaudière

Hausse bloquée depuis le 24/08/2022

Entretien courant

Peinture, remplacement robinet

Aucun impact

Mise en conformité obligatoire

Détecteur de fumée, normes électriques

Aucun impact

Travaux perturbateurs (+ 21 jours)

Ravalement de façade, remplacement fenêtres

Réduction possible si durée > 21 jours

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Augmenter le loyer en cours de bail : la procédure légale

Le seuil financier : 15 % du coût TTC des travaux

Pour pouvoir réviser le bail après des travaux d'amélioration, deux conditions cumulatives s'imposent : le coût total TTC doit être au moins égal à la moitié du loyer annuel, et la hausse annuelle ne peut pas dépasser 15 % du coût réel TTC. Pour un chantier de 10 000 euros, la révision annuelle est donc plafonnée à 1 500 euros, soit 125 euros par mois. En zone tendue, le nouveau montant ne peut excéder le loyer de référence majoré.

Salon haussmannien rénové avec parquet en chevrons et moulures restaurées

L'avenant au bail et la notification au locataire

La hausse ne peut pas être imposée unilatéralement : elle nécessite l'accord écrit de l'occupant sous forme d'avenant au contrat. Ce document précise le montant des travaux, la nature des améliorations, la nouvelle redevance mensuelle et la date d'entrée en vigueur. Sans signature, le bailleur devra attendre le renouvellement ou la relocation pour réviser le montant du loyer.

Encadrement des loyers en zone tendue

En zone tendue, même avec un avenant signé, le montant révisé ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré publié annuellement. Au renouvellement du bail, la réalisation de travaux seule ne suffit pas : il faut également démontrer que le niveau actuel est manifestement sous-évalué par rapport aux biens comparables du voisinage.

Relocation après travaux : zone tendue et zone non tendue

À la remise en location, les règles varient selon la localisation. En dehors des zones tendues, le propriétaire peut fixer librement le nouveau montant si les travaux depuis la dernière mise en location représentent au minimum 15 % du dernier loyer annuel. En zone tendue, la redevance reste encadrée par le loyer de référence majoré, avec possibilité d'un complément justifié par des caractéristiques particulières de confort. À la remise des clés, il est recommandé de réaliser un état des lieux contradictoire pour formaliser l'état du bien rénové.

Règles d'augmentation selon la zone géographique

Situation

Zone non tendue

Zone tendue

Bail en cours (travaux d'amélioration)

Hausse possible avec avenant signé par le locataire

Hausse possible avec avenant + plafond loyer de référence majoré

Relocation après travaux importants

Loyer librement fixé si travaux ≥ 15 % du loyer annuel

Loyer encadré + complément de loyer possible

Logement classé DPE F ou G

Gel du loyer depuis le 24/08/2022

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Travaux perturbateurs : quels droits pour le locataire ?

Lorsque des travaux sont réalisés dans le logement en cours de bail, l'occupant peut subir une gêne qui ouvre droit à compensation. La loi prévoit que, si un chantier rend le bien inhabitable en tout ou partie, une réduction proportionnelle à la surface et à la durée de privation peut être réclamée. Pour des travaux dépassant 21 jours consécutifs sur 12 mois, une indemnité est due. La demande s'adresse par lettre recommandée au bailleur ; la commission de conciliation peut être saisie en cas de refus.

Rénovation énergétique : le gel du loyer pour les DPE F et G

Depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique font l'objet d'un gel : le bailleur ne peut plus augmenter le montant du loyer ni à la relocation, ni au renouvellement, même après des travaux d'amélioration. Ce gel est levé dès que la rénovation permet d'atteindre au moins la classe E. Des aides comme MaPrimeRénov' peuvent financer une partie du coût de ces travaux d'économies d'énergie. À partir du 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location pour de nouveaux baux ; les biens classés F suivront en 2028.

Rénovation d'appartement à Paris (75)
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Le saviez-vous ?

520 000 logements locatifs classés G sont potentiellement considérés comme indécents depuis le 1er janvier 2025. Pour leurs propriétaires, la rénovation énergétique n'est plus une option. (Source : ADEME, Batizoom, 2025)

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FAQ : Impact des travaux sur le loyer

Puis-je augmenter le loyer si je fais des travaux ?

Quels travaux justifient une augmentation de loyer ?

Comment calculer l'augmentation de loyer après travaux ?

Quand avertir le locataire d'une augmentation de loyer suite à des travaux ?

Un locataire peut-il refuser une augmentation de loyer après des travaux ?

Quelle réduction de loyer le locataire peut-il demander pour des travaux gênants ?