Loi Malraux : réduction d'impôt pour rénover le patrimoine
La loi Malraux est un dispositif fiscal créé en 1962 pour encourager la restauration d'immeubles anciens situés dans des secteurs à forte valeur patrimoniale. En finançant des travaux de rénovation sur ces biens, les investisseurs bénéficient d'une réduction d'impôt directe, calculée sur le montant des dépenses engagées. Contrairement à d'autres mécanismes de défiscalisation, cet avantage n'est pas soumis au plafonnement global des niches fiscales, ce qui en fait un outil particulièrement attractif pour les contribuables fortement imposés. Ce guide explique le fonctionnement du dispositif Malraux, les zones éligibles, les taux applicables et les conditions à respecter pour en bénéficier en 2026.
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En résumé
Principe : réduction d'impôt de 22 % ou 30 % sur les travaux de restauration en SPR.
Plafond : travaux plafonnés à 400 000 € sur 4 ans, soit 120 000 € de réduction maximale.
Location : bien nu à louer pendant 9 ans, sans plafond de loyer ni conditions de ressources.
Niches fiscales : réduction exclue du plafonnement global, cumulable avec d'autres avantages fiscaux.
Travaux : restauration complète encadrée par l'ABF, façades, parties communes et mise aux normes.
Qu'est-ce que la loi Malraux ?
La loi Malraux tire son nom d'André Malraux, ministre des Affaires culturelles sous le général de Gaulle, qui l'a fait adopter en 1962. Son objectif initial était de préserver le patrimoine architectural français en incitant les propriétaires privés à restaurer les immeubles anciens dégradés situés dans les centres historiques.
Le mécanisme repose sur un principe simple : un investisseur acquiert un immeuble ancien dans un secteur patrimonial protégé, finance des travaux de restauration sous le contrôle de l'architecte des Bâtiments de France (ABF), puis loue le bien nu pendant au moins 9 ans. En contrepartie, il bénéficie d'une réduction d'impôt calculée sur le montant total des travaux réalisés.
Le dispositif Malraux s'adresse aux contribuables français soumis à l'impôt sur le revenu. Il est souvent utilisé dans le cadre d'opérations immobilières collectives (SCI ou vente en état futur de rénovation), ce qui le rend accessible aux investisseurs qui ne souhaitent pas gérer directement les aspects techniques de la restauration.
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Comment fonctionne la loi Malraux ?
Les zones éligibles : SPR et secteurs protégés
La loi Malraux s'applique principalement dans les sites patrimoniaux remarquables (SPR), un dispositif créé par la loi LCAP (Liberté de la Création, à l'Architecture et au Patrimoine) de 2016 pour regrouper les anciens secteurs sauvegardés, les ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager) et les AVAP (Aire de mise en Valeur de l'Architecture et du Patrimoine). Ces secteurs couvrent des centres historiques dans des villes de toutes tailles, des métropoles aux villes moyennes.
Un immeuble est éligible dès lors qu'il est situé dans un SPR et que les travaux font l'objet d'une autorisation spéciale de travaux (AST) délivrée par le préfet de région, après avis de l'architecte des Bâtiments de France. Le programme de restauration est défini et suivi par un architecte du patrimoine.
Depuis le 1er janvier 2025, les quartiers anciens dégradés (QAD) ne font plus partie des zones éligibles au taux de 30 %, ce dispositif ayant pris fin au 31 décembre 2024.
Le saviez-vous ?
975 sites patrimoniaux remarquables sont recensés en France, dont 93 quartiers prioritaires éligibles au dispositif Malraux. (Source : rapport IGF/IGEDD/IGAC, janvier 2024)
Le taux de réduction : 22 % ou 30 %
Le taux varie selon la zone dans laquelle se situe l'immeuble. Le taux de 30 % s'applique aux immeubles situés dans un SPR couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) approuvé. Le taux de 22 % s'applique aux immeubles dans un SPR couvert par un plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine (PVAP), ou dans un SPR sans plan approuvé.
Ces taux sont calculés sur le montant total des travaux, dans la limite de 400 000 € sur 4 ans consécutifs, soit une réduction d'impôt maximale de 120 000 € au taux de 30 %.
L'engagement de location de 9 ans
Pour bénéficier de la réduction, le propriétaire doit s'engager à louer le bien nu à titre de résidence principale pendant au moins 9 ans. La mise en location doit intervenir dans les 12 mois suivant la fin des travaux.
Contrairement à d'autres dispositifs fiscaux, la loi Malraux n'impose pas de plafond de loyer ni de conditions de ressources pour le locataire. En cas de non-respect (vente anticipée, location meublée, changement d'usage), la réduction d'impôt est reprise par l'administration fiscale, sauf cas de force majeure.
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L'avantage fiscal de la loi Malraux en 2026
L'un des principaux attraits du dispositif Malraux est que la réduction d'impôt n'est pas soumise au plafonnement global des niches fiscales (10 000 € par an). Un contribuable peut donc cumuler la réduction Malraux avec d'autres avantages fiscaux soumis à ce plafond, sans en épuiser l'enveloppe.
La réduction est calculée sur les dépenses de travaux effectivement payées chaque année, dans la limite de 400 000 € sur 4 années consécutives. Elle s'impute directement sur l'impôt dû, sans possibilité de report si elle excède l'impôt de l'année.
Un investisseur qui finance 150 000 € de travaux dans un immeuble en SPR avec PSMV (taux 30 %) bénéficie d'une réduction de 45 000 €. S'il doit 50 000 € d'impôt cette année, il ne versera que 5 000 €. Les opérations s'étendent généralement sur 2 à 4 ans pour étaler la réduction sur plusieurs exercices fiscaux.
Les dépenses retenues comprennent les travaux de restauration, les frais d'architecte du patrimoine et les honoraires de maîtrise d'oeuvre. Les charges courantes (taxe foncière, frais de gestion) ne sont pas incluses dans la base de calcul.

Quels travaux sont éligibles en loi Malraux ?
Bien que la loi Malraux repose sur un mécanisme de réduction d'impôt distinct du déficit foncier, les investisseurs s'intéressent souvent à d'autres stratégies de valorisation patrimoniale permettant d'optimiser la fiscalité immobilière. Parmi elles, le doublement du déficit foncier constitue un levier particulièrement attractif pour les propriétaires d'immeubles anciens nécessitant d'importants travaux de rénovation. Ce dispositif permet, sous certaines conditions, d'imputer une part importante des dépenses de travaux sur les revenus fonciers et sur le revenu global.
Pour les investisseurs cherchant à comprendre comment ne plus payer d'impôts fonciers, la combinaison de travaux de rénovation, d'un régime fiscal adapté et d'une stratégie patrimoniale cohérente peut permettre de réduire fortement, voire d'annuler temporairement, la fiscalité liée aux revenus immobiliers. Toutefois, chaque dispositif répond à des règles spécifiques et nécessite une analyse préalable de la situation de l'investisseur.
Le choix de la structure de détention est également déterminant. Entre une SCI à l'IR ou SCI à l'IS, les conséquences fiscales diffèrent sensiblement. La SCI à l'IR privilégie la transparence fiscale et permet aux associés de bénéficier directement de certains avantages liés aux revenus fonciers. À l'inverse, la SCI à l'IS offre des possibilités d'amortissement du bien et peut s'avérer pertinente dans une logique de capitalisation à long terme. Le choix doit être effectué en tenant compte des objectifs patrimoniaux, du niveau d'imposition des associés et de la stratégie de détention envisagée.
Ainsi, avant d'investir dans une opération Malraux ou dans tout autre dispositif de rénovation immobilière, il est recommandé d'étudier l'ensemble des solutions fiscales disponibles afin de sélectionner le montage le plus adapté à ses objectifs de rendement, de transmission et d'optimisation fiscale.
Loi Malraux et autres dispositifs : les différences clés
Face aux Monuments Historiques : ce régime permet une déduction de 100 % des charges et travaux des revenus fonciers et du revenu global, sans limite de montant. Mais il concerne des biens classés ou inscrits et impose une conservation dans le patrimoine familial pendant au moins 15 ans.
Face au Denormandie : ce dispositif offre une réduction de 12 à 21 % du prix total (travaux inclus), mais est soumis au plafonnement des niches fiscales et impose des plafonds de loyer et de ressources locataires. Plus accessible, il est moins puissant pour les contribuables très imposés.
Avec la fin de la loi Pinel, qui constituait pendant plusieurs années le principal dispositif de défiscalisation dans l'immobilier neuf, les investisseurs se tournent davantage vers des solutions patrimoniales offrant des avantages fiscaux significatifs. Dans ce contexte, la loi Malraux reste le dispositif le plus adapté pour effacer un impôt élevé tout en finançant la restauration du patrimoine architectural français, sans contrainte de loyer ni de ressources locataires.

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