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Rénovation d'appartement dans le Grand-Est et les Hauts-de-France

Au même titre que les hauts-de-France, le Grand-Est, riche de son patrimoine bâti ancien, fait face à un double défi : préserver le confort des habitants et respecter les nouvelles obligations réglementaires. Depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location, une mesure qui s’étendra aux logements F en 2028 et E en 2034. Que vous soyez propriétaire occupant ou bailleur, la rénovation énergétique des appartements n’est plus une option, mais une nécessité. Découvrez ici les enjeux, les aides disponibles et les solutions pour adapter votre bien aux normes actuelles.

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En résumé

  • Passoires thermiques : 42% des résidences principales des Hauts-de-France sont classées E, F ou G (3e région la plus touchée en France).

  • Interdictions locatives : Logements G interdits à la location depuis 2025, F en 2028, E en 2034.

  • Climat océanique : Climat océanique dégradé nécessite isolation intérieure, VMC hygroréglable, remplacement menuiseries et chauffage performant.

  • Climat continental : Grand-Est : climat continental impose isolation renforcée et protection solaire; bâti patrimonial requiert consultation UDAP préalable.

  • Aides financières : Aides cumulables : MaPrimeRénov', Climaxion (Grand-Est), AREL (Hauts-de-France), éco-PTZ, CEE et dispositifs locaux.

  • Démarches obligatoires : Mon Accompagnateur Rénov' obligatoire pour rénovation d'ampleur; demander aides avant début travaux, artisans RGE requis.

Un parc immobilier sous pression réglementaire

Les Hauts-de-France figurent parmi les régions les plus exposées au problème des passoires énergétiques en France. En 2022, un million de résidences principales de la région affichaient un DPE classé E, F ou G, soit 42 % des résidences principales, ce qui représente la 3e part la plus élevée de France de province. Ce chiffre s'explique directement par la composition du parc : 59 % des logements des Hauts-de-France ont été construits avant 1975, soit 9 points de plus qu'en province. Parmi ces logements anciens, plus d'un sur deux est énergivore. Les villes de Lille, Amiens, Valenciennes ou Arras concentrent à elles seules un volume considérable de logements collectifs anciens dont la remise à niveau énergétique est devenue incontournable, représentant un enjeu économique majeur pour ces territoires.

Dans le Grand-Est, la situation est tout aussi préoccupante. Le patrimoine bâti ancien y est particulièrement important, avec de nombreux biens à rénover à Reims, Nancy ou Strasbourg. Pour les propriétaires bailleurs, l'enjeu est urgent : depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location, une interdiction qui s'étendra aux logements F en 2028 et E en 2034. Cette contrainte touche en premier lieu le propriétaire occupant qui souhaite revendre son bien, mais aussi le bailleur qui ne peut plus proposer ce type de logement à la location sans engager de travaux de rénovation. Rénover son appartement dans ces deux régions est donc devenu à la fois une nécessité de confort et une obligation réglementaire.

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Les spécificités climatiques qui dictent les travaux prioritaires

Dans le Nord et le Pas-de-Calais : le poids de l'humidité et du froid

Le climat océanique dégradé qui caractérise ce territoire impose des contraintes techniques bien précises. Les hivers sont frais et humides, avec un taux d'hygrométrie élevé qui fragilise les parois mal isolées et favorise les ponts thermiques. La plupart des logements classés E, F ou G de ce bassin sont équipés d'un chauffage électrique, au fioul ou au gaz, des modes de chauffage fréquemment peu respectueux de l'environnement.

Dans ce contexte, les travaux les plus urgents pour la rénovation d'appartement dans cette zone sont, par ordre de priorité :

  • L'isolation des murs par l'intérieur (l'isolation par l'extérieur est souvent impossible en copropriété dense)
  • Le remplacement des menuiseries, en privilégiant des vitrages à faible coefficient Uw
  • L'installation d'une VMC hygroréglable pour maîtriser l'humidité intérieure
  • Le remplacement des systèmes de chauffage énergivores par des solutions plus performantes (pompe à chaleur, radiateurs à inertie)

Dans des villes comme Saint-Omer, Saint-Quentin ou Dunkerque, les appartements des centres anciens cumulent souvent plusieurs de ces problématiques à la fois, ce qui justifie d'engager une rénovation globale plutôt que des interventions ponctuelles. La résiliation d'un contrat de chauffage collectif au fioul, par exemple, s'inscrit souvent dans ce type de démarche globale et peut ouvrir droit à des aides spécifiques.

Dans le Grand-Est : des amplitudes thermiques marquées

Le Grand-Est connaît un climat plus continental, notamment en Alsace, en Lorraine et dans les Ardennes. Les hivers peuvent être rigoureux et les étés chauds, ce qui implique de travailler à la fois sur la performance hivernale du logement et sur le confort d'été. Pour les appartements du Grand-Est, cela se traduit par des arbitrages spécifiques : isolation renforcée des murs et des planchers bas, mais aussi protection solaire adaptée et ventilation pensée pour les deux saisons. Les économies générées sur les factures de chauffage peuvent ainsi être significatives d'une ville à l'autre, selon l'exposition et l'ancienneté du bâti. D'après l'ADEME, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, le parc de logements devrait être constitué de 80 à 90 % de logements classés A ou B, contre seulement 6 % aujourd'hui : un objectif qui rend la rénovation des appartements anciens du Grand-Est particulièrement urgente.

Le défi du bâti patrimonial alsacien et lorrain

La rénovation d'appartement dans le Grand-Est soulève une question que l'on rencontre moins fréquemment dans les autres départements du nord de la France : celle de la compatibilité entre performance énergétique et préservation du patrimoine architectural. Strasbourg, Nancy, Reims, Colmar et Metz concentrent des secteurs sauvegardés où les contraintes sont particulièrement importantes. C'est notamment le cas en Moselle, où le bâti lorrain ancien impose des solutions d'isolation sur mesure, compatibles avec les matériaux d'origine.

Si un édifice figure dans la liste des monuments historiques, dans le secteur du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) ou à proximité d'un secteur classé, il est vivement conseillé de solliciter l'Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine (UDAP) en amont de la formulation du projet de travaux. Cette démarche s'impose notamment à Strasbourg pour les maisons à colombages et les immeubles alsaciens anciens. Les UDAP du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont d'ailleurs élaboré des fiches-conseils sur des édifices types du bâti ancien alsacien, accessibles sur le site de la Région Grand-Est, qui détaillent plusieurs scénarios de rénovation compatibles avec les matériaux d'origine.

Un point d'attention majeur dans ce type de bâti : un projet d'isolation avec des matériaux synthétiques très étanches à la vapeur d'eau ne sera pas validé par l'ABF. De même, tout projet d'isolation qui n'intègre pas une réflexion sur la ventilation est considéré comme dangereux pour le bâti et ses occupants en raison d'une mauvaise gestion de l'humidité.

La copropriété, réalité dominante dans les deux régions

Dans les grandes agglomérations des deux territoires (Strasbourg, Amiens, Nancy, Reims, Metz et d'autres villes de taille intermédiaire), la majorité des appartements se situent en copropriété. Cette configuration impose un cadre juridique et technique spécifique qu'il faut maîtriser avant d'engager tout projet de rénovation.

Ce que vous pouvez faire librement

Vous pouvez librement aménager une salle de bains ou une cuisine, créer ou supprimer une cloison hors murs porteurs, réaliser une isolation intérieure, installer une mezzanine intégrée dans l'espace existant ou poser des revêtements de sols, sauf contrainte spécifique du règlement de copropriété.

Ce qui nécessite un accord de l'assemblée générale

Dès que les travaux ont un impact sur les parties communes de l'immeuble ou sur son aspect extérieur, l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires est obligatoire. Cela concerne notamment l'isolation par l'extérieur, le remplacement de menuiseries visibles depuis la rue, la création d'un conduit extérieur ou la modification du système de chauffage collectif. La résiliation d'un contrat d'énergie collective, comme le passage d'une chaudière fioul à une pompe à chaleur, nécessite également un vote en assemblée générale.

Type de travaux

Accord AG requis ?

Autorisation d'urbanisme possible ?

Peinture intérieure, sols, cloisons légères

Non

Non

Isolation intérieure des murs

Non

Non

Remplacement fenêtres invisibles de la rue

Non

Non

Remplacement fenêtres visibles, changement d'aspect

Oui

Possible

Isolation par l'extérieur (façade)

Oui

Oui

Modification du chauffage collectif

Oui

Non

Création d'un conduit extérieur

Oui

Oui

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Les aides spécifiques au Grand-Est

Climaxion, le programme régional dédié

L'ADEME et la Région Grand-Est, dans le cadre du programme Climaxion, accompagnent la rénovation du parc bâti avec pour objectif de rendre accessible à tous un logement économe en énergie, sain et confortable. Ce programme s'adresse notamment aux particuliers copropriétaires et finance les travaux de rénovation énergétique des copropriétés, l'installation d'équipements de chaleur renouvelable (poêles à granulés, chaudières biomasse) et les missions d'accompagnement. Ces aides sont cumulables avec MaPrimeRénov', les CEE et les aides locales de l'Eurométropole de Strasbourg.

France Rénov', le service public national piloté par l'Anah, dispose d'Espaces conseil gratuits accessibles dans l'ensemble du Grand-Est pour orienter les propriétaires dès le début de leur projet, avant même le dépôt d'une demande d'aide.

L'ANAH intervient en parallèle de Climaxion pour les propriétaires occupants aux revenus modestes ou très modestes, avec des taux de prise en charge pouvant atteindre 80 % du montant des travaux selon les ressources du foyer.

Les aides locales en Grand-Est : plus de 51 dispositifs recensés

Au-delà de Climaxion, de nombreuses collectivités du Grand-Est proposent des aides complémentaires aux dispositifs nationaux, notamment dans le cadre d'OPAH. L'ADIL de chaque département (ADIL 54/55 pour la Meurthe-et-Moselle et la Meuse, ADIL 67 pour le Bas-Rhin) est l'interlocuteur de référence pour identifier les aides disponibles à l'adresse précise du bien.

Les aides spécifiques aux Hauts-de-France

L'AREL, coup de pouce régional cumulable

La région des Hauts-de-France propose l'Aide Régionale à l'Efficacité énergétique des Logements (AREL), une aide complémentaire à MaPrimeRénov' destinée à soutenir les propriétaires occupants modestes et les bailleurs dans leurs travaux d'isolation et de remplacement de chauffage. Elle s'ajoute aux aides nationales et peut être cumulée avec les dispositifs locaux des intercommunalités.

En 2024, plus de 372 millions d'euros d'aides de l'Anah ont été engagées sur ce territoire, avec 85 programmes vivants dont 28 OPAH en revitalisation urbaine ou dégradé. Ce chiffre illustre l'ampleur de la mobilisation des acteurs publics pour accompagner la rénovation du parc privé.

L'ANAH reste néanmoins l'acteur central du financement de la rénovation dans ce bassin, et le propriétaire occupant qui sollicite l'AREL doit dans la majorité des cas avoir préalablement déposé un dossier auprès de cet organisme.

Des dispositifs territoriaux à connaître

  • Métropole Européenne de Lille (MEL) : le service public AMELIO propose un accompagnement gratuit et des aides complémentaires à MaPrimeRénov' pour les habitants de la MEL.
  • Département de la Somme : le Conseil Départemental propose une aide à la rénovation énergétique cumulable avec MaPrimeRénov' Parcours Accompagné, permettant de couvrir entre 60 et 80 % du coût des travaux. Un fonds d'avance est prévu pour les ménages ne pouvant pas avancer les sommes.
  • Département du Nord : le dispositif "Nord Equipement Habitat Solidarité" finance des travaux d'isolation et de remplacement de chauffage pour les propriétaires éligibles.
  • Communautés de communes du Pas-de-Calais : plusieurs EPCI proposent des aides complémentaires à l'OPAH pour les travaux de menuiserie, d'isolation et de sortie de précarité énergétique.

Le frein du reste à charge

Le plus faible niveau de vie des propriétaires de ce territoire peut représenter un frein à la rénovation, malgré les aides. C'est pourquoi plusieurs départements ont mis en place des fonds d'avance permettant de démarrer les travaux avant de percevoir les subventions, un mécanisme particulièrement adapté aux ménages modestes qui ne peuvent pas mobiliser de trésorerie.

Ce qu'il faut savoir avant de démarrer les travaux

Quelques points de vigilance spécifiques à ces deux régions avant de lancer un projet de rénovation d'appartement :

  • Vérifier les contraintes patrimoniales dès l'amont, en particulier à Strasbourg, Nancy, Reims, Arras ou dans les bassins miniers du Pas-de-Calais. Un contact préalable avec l'UDAP ou les services d'urbanisme de la commune évite de concevoir un projet incompatible avec le PLU ou les prescriptions patrimoniales.
  • Solliciter Mon Accompagnateur Rénov' (MAR) pour toute rénovation d'ampleur visant MaPrimeRénov' Parcours Accompagné. Cet accompagnement est obligatoire depuis janvier 2024 et permet aussi d'optimiser le montage financier du projet.

Selon service public, cet accompagnement est pris en charge à 100 % pour les ménages aux revenus très modestes, et à 80 % pour les ménages modestes, dans la limite d'un plafond de 2 000 euros.

  • Se renseigner auprès de l'ADIL de son département pour identifier les aides locales cumulables selon l'adresse précise du bien, avant tout engagement de travaux.
  • Demander les aides avant le début des travaux : les dispositifs de financement et l'éco-PTZ doivent impérativement être sollicités avant le démarrage du chantier, faute de quoi le dossier est irrecevable.
  • Choisir des artisans certifiés RGE pour tous les travaux éligibles aux aides publiques (isolation, menuiseries, chauffage, ventilation).

Toutes ces choses sont à vérifier en amont du chantier pour ne pas perdre de temps et rester dans vos délais de livraison de fin de chantier.

Rénovation et investissement locatif dans ces deux régions

La rénovation d'appartement dans le Grand-Est et les Hauts-de-France représente également une opportunité pour les investisseurs. Acquérir ce type de bien à prix décoté dans des villes comme Nancy, Reims, Strasbourg ou Arras permet d'acheter un appartement moins cher et de réaliser une plus-value à la revente beaucoup plus intéressante une fois les travaux réalisés. Sur le plan locatif, rénover permet de sortir le bien des catégories interdites à la location, d'améliorer son attractivité dans des marchés tendus et de réduire les charges des locataires. L'achat d'une passoire thermique suivi d'une rénovation bien subventionnée peut générer un rendement global très compétitif, à condition d'avoir bien anticipé le coût total des travaux.

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FAQ : Rénovation d’appartements dans le Grand-Est et Hauts-de-France

Pourquoi les Hauts-de-France sont-ils particulièrement concernés par la rénovation énergétique des appartements ?

Quelles sont les contraintes spécifiques à la rénovation dans le Grand-Est ?

Quelles aides peut-on cumuler pour rénover un appartement dans les Hauts-de-France ?

Est-il rentable de rénover un appartement à Strasbourg ou dans une ville du Nord pour le louer ?

En tant que propriétaire, quels types de travaux permettent de rénover l'énergie de son logement dans le Grand-Est et les Hauts-de-France ?